Partager l'article ! JEAN CHARLES COUMAILLEAU A LA UNE: Pour ne pas oublier Un peu de terre d'Afrique sur la tombe de Koudougou Niti ...
ROTARY- CLUB MORCENX
3 mai 1943… Sur la route de Morcenx-Bourg, le « kommando » de prisonniers coloniaux venant du camp (Frontstalag n° 222) de la route de Sabres, quartier Michéou (1), se dirige vers le chantier forestier de Barbé pour ramasser de la brande destinée au camouflage des fortifications allemandes du « mur de l'Atlantique ». Parmi ces prisonniers, trois soldats du 7e RTS (Régiment de tirailleurs sénégalais) qui, semble-t-il, avaient prévu de s'évader à l'occasion de ce déplacement. Malheureusement, les sentinelles sont sur leurs gardes et, à peine ces trois malheureux s'enfuient-ils vers les sous-bois que les rafales éclatent : l'un, terrorisé, se rend, un autre grièvement blessé décédera plus tard au camp. Quant au troisième, il est abattu : Koudougou Nitiéma (2), né en 1918 au village de Goumsi (« canton » de Ouagadougou à l'époque), ne reviendra jamais dans son Afrique natale : il est enterré - hommage de Morcenx - au carré musulman du cimetière.
Un peu de terre d'AfriqueL'histoire de cet homme, Jean-Charles Coumailleau, président des Amis du Brassenx, a souhaité l'approfondir et le prochain bulletin de l'association détaillera les résultats de ses investigations, d'autant plus intéressantes qu'il a eu la chance de bénéficier d'une précieuse auxiliaire. En effet, la Morcenaise Maryse Fagotat vit à Ouagadougou et elle s'est rendue à Goumsi à la recherche de la famille de ce soldat : l'accueil qu'elle y a reçu a été extraordinaire tant a été grande la reconnaissance des descendants de ce malheureux garçon.
Présente à Morcenx il y a quelques jours, Maryse Fagotat, accompagnée de Jean-Charles Coumailleau, est allée déposer sur la tombe de Koudougou Nitiéma un peu de terre d'Afrique venue de son village : un geste émouvant en hommage aussi à tous ces Africains, arrachés à leur terre pour partir défendre la « Mère patrie » et dont beaucoup sont « morts pour la France ». Un sacrifice qui ne mériterait pas de tomber dans l'oubli…
(1) J.-C. Coumailleau souhaiterait en savoir davantage sur ce camp. Le contacter par téléphone en appelant au 05 58 07 83 76. (2) Et non « Koudougouni Tiema » comme écrit par erreur sur le registre d'état civil et donc sur la tombe.
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